Interview DU Strasbourg

1°) Concernant le choix du produit, faites-vous, à priori, une distinction entre résine auto et/ou photopolymérisable ? 
Existe-il des indications particulières ? Quelles sont vos préférences ?

La distinction entre résine auto et/ou photopolymérisable est essentielle car elle conditionne le protocole clinique dans la plupart des cas. En effet, l'utilisation d'une résine temporaire exclusivement photopolymérisable impose l'accès lumineux et la confection de gouttières ou de "moules" transparents. En contre-partie, la polymérisation finale est de meilleure qualité dans ce cas. 
Dans le cadre de la dentisterie esthétique qui privilégie un gradient thérapeutique raisonnée, le recours aux résines temporaires est courant et essentiel. Les indications classiques concernent les masques esthétiques, les couronnes et bridges transitoires. La temporisation des facettes ou des inlays/onlays profite plus avantageusement d'autres matériaux dont les caractéristiques mécaniques sont mieux adaptées à ces indications spécifiques.
Nous avons recours le plus souvent à des résines bis-GMA autopolymérisables, qui peuvent être retravaillées selon la technique de "cut-back" et associées à des masses composites photopolymérisables, émail ou intensif, afin de personnaliser d'avantage notre travail.

2°) Selon le produit utilisé, revendiquez-vous systématiquement la nécessité d'un polissage et pourquoi ?

Toutes les résines composites présentent une couche superficielle non polymérisée (couche d'inhibition à l'oxygène), dont l'épaisseur varie toutefois grandement d'un produit à l'autre. Cette couche, cliniquement grasse, doit être éliminée sous peine d'une coloration disgracieuse rapide. Lorsque la couche est extrêmement fine, l'essuyage à l'alcool assure un état de surface correct. En revanche, une de nos récentes études démontre qu'un polissage soigneux reste irremplaçable afin de maximiser le résultat esthétique et de pérenniser la stabilité de la couleur.

3°) Selon vous, existe-t-il aujourd'hui un "produit miracle" ?

Le produit miracle n'existe pas encore contrairement à ce que les fabricants nous laissent parfois entendre. Le recours à des techniques additionnelles (cut-back) et à des techniques de polissage soigneuses reste la clé du succès. La possibilité, récente, de confectionner nos éléments transitoires par usinage en CFAO est une voie très intéressante car elle offre des solutions à base de résine acrylates qui se rebasent plus aisément ; elle impose toutefois le recours au laboratoire.